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Les Tribalistas (DR).

Tribalistas, on ne change pas une recette qui gagne

15 ans après la sortie de leur premier album éponyme, les Tribalistas sont de retour sur le devant de la scène. Le trio composé d’Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown - l’un des membres du jury de The Voice, version brésilienne - et Marisa Monte, a concocté un nouvel album lancé fin août.

Un succès phénoménal

Vous ne pouvez qu’avoir un jour entendu sur les ondes brésiliennes Velha Infância et Jà sei namorar, les deux plus grands succès du premier album des Tribalistas. Le premier a même été la chanson la plus diffusée sur les radios au cours des années 2000. Sur Youtube, Velha Infância atteint les 40 millions d’écoutes, et Jà sei namorar 20 millions. Sur Spotify, chacune d’entre elle dépasse les 12 millions d’écoutes. Au total plus de deux millions d’exemplaires du premier opus vendus au Brésil, ce qui en fait le 14e album le plus vendu de l’histoire pour le pays.

Pas mal pour un regroupement un peu spontané de trois artistes, qui au cours de leurs carrières solos avaient déjà eu l’occasion de collaborer ensemble. Enregistré en 13 jours, l’album de 13 pistes est lancé en novembre 2002. Sans tournée ou de passage télévisé, il devient l’un des plus gros succès du début de ce siècle.

Les raisons de cet engouement ? Le mélange des styles, correspondant bien à l’apport de la personnalité des trois membres de cette tribu, et un résultat doux, poétique ou entraînant en fonction des chansons, qui semble lancer une nouvelle piste pour la MPB (Musique populaire brésilienne).

Acoustique, poésie et doux optimisme

Quelques années plus tard, Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown et Marisa Monte, après avoir continué à mener leurs carrières individuelles, décident de récidiver. Dix nouvelles chansons réunies dans un album également intitulé Tribalistas. Le titre d’une chanson du premier album qui a donné le nom au groupe, au premier, puis au second album. Peut-être est-ce là la base du problème : une recette qui en vient à s’essouffler, par manque de renouvellement. Car tout ce qui faisait la fraîcheur et la nouveauté de ce trio n’a pas particulièrement évolué en 15 ans. On retrouve les mêmes ingrédients : les mêmes styles, la part belle accordée à l’acoustique, la voix grave d’Arnaldo Antunes récitant de la poésie, des chansons évoquant un doux optimisme, Aliança qui semble se vouloir une version 2017 de Velha Infância. Avec toutefois la différence de tenter d’introduire des thèmes d’actualité, comme celui des migrants dans Diáspora ou de l’oppression que peut représenter la vie quotidienne dans Trabalivre.

Mais point de grande révolution musicale. Il suffit d’ailleurs d’écouter les deux albums à la suite pour avoir l’impression de n’en découvrir qu’un seul composé de 23 titres. Rien de désagréable pour autant, mais une forme de facilité et une absence de titre qui se détache à l’oreille. Un retour qui réjouira donc les fans de la première heure, mais ne devrait pas réconcilier les détracteurs des Tribalistas avec leur travail.

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