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Comprendre le Brésil en un mot : c’est quoi ce Primeiro Mundo/Premier Monde ? - Bom Dia Brésil
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Le musée d'Inhotim est incontestablement « du Premier Monde » (Sam Shiraishi/Flickr )

Comprendre le Brésil en un mot : c’est quoi ce Primeiro Mundo/Premier Monde ?

Ancien cadre dirigeant d’une grande entreprise française au Brésil, Christian Pouillaude a vécu, travaillé, voyagé au Brésil depuis plus de 40 ans. Passionné de musique brésilienne (au point de collaborer avec Radio Latina) et de tout ce qui touche à son pays d’adoption, il vit aujourd’hui dans la ville de son épouse, Rio de Janeiro, et collabore avec Bom Dia Brésil à travers une chronique mensuelle intitulée Palabres. Palabres, car on ne peut pas comprendre le Brésil sans saisir toutes les nuances de certains mots du vocabulaire brésilien. Palabres, car ce sont des mots qui prêtent à la réflexion et à la discussion. Le neuvième volet de cette chronique se penche sur le concept de Premier Monde, auquel les Brésiliens font souvent référence. Vous pouvez la découvrir en version podcast ou simplement la lire ci-dessous.

« C’est un truc du Premier Monde ! » Cette expression dans la bouche d’un Brésilien est le reflet d’une admiration totale pour ce à quoi elle s’applique, que ce soit un lieu, un événement, un objet, une réalisation, un repas… C’est le nec plus ultra. Tout y est : la qualité, la sophistication, l’organisation, l’esthétique, le plaisir. Par exemple, le centre d’art contemporain – et tout à la fois jardin botanique - d’Inhotim (près de Belo Horizonte) est incontestablement « du Premier Monde » ! On devine facilement que derrière ce Premier Monde se cachent les Etats-Unis et l’Europe, pays de référence de ce qui se fait de mieux au monde aux yeux des Brésiliens !

Une référence à atteindre...

Historiquement et politiquement, le Premier Monde désignait tous les pays dudit « Monde libre », les Etats-Unis en tête, bref le monde capitaliste, face au Deuxième Monde, celui de l’URSS et du bloc communiste, et au Troisième Monde, celui des pays non-alignés, tel le Brésil. Rapidement, cette appellation prit une connotation plus économique : le Premier Monde était celui des pays riches, des pays développés et le Tiers Monde celui des pays sous-développés, dont faisait partie le Brésil. Depuis, le Brésil a accédé au statut de « pays émergent », mais le Premier Monde, lui, est toujours là et il reste la référence à atteindre ! On pourrait se demander si, pour un Brésilien, le Japon ou la Corée font aussi partie de ce « Premier Monde » auquel il se réfère : sans doute, mais je ne suis pas sûr que ce soit un concept d’une rigoureuse précision géographique !

... et un vieux complexe

L’usage fréquent de cette expression en dit long sur l’auto-estime des Brésiliens. Quelque chose de parfaitement réussi au Brésil ne peut pas être tout simplement brésilien : il faut lui trouver une référence à l’extérieur car « est-il bien sûr que nous soyons vraiment capables de faire aussi bien qu’eux ? » Il y a dans cette expression à la fois la fierté de pouvoir revendiquer quelque chose d’aussi réussi que chez les gringos, mais aussi un vieux complexe d’infériorité et une pointe de jalousie, surtout vis-à-vis du « modèle européen ». On a besoin de se mesurer à la jauge des maîtres. On a besoin de la caution du Premier Monde pour se prouver à soi-même que si, on en est aussi capable ! Alors, on a parfois envie dire : « Ecoutez, faites plutôt ça à votre façon, avec le "jeito brasileiro" ! Ce sera très bien aussi, peut-être plus spontané, plus original et plus créatif. Soyez-en fiers et revendiquez-le. Et puis, ne vous bercez pas d’illusions : tout est loin d’être parfait dans notre Premier Monde ! »

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