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Le juge Sergio Moro, qui conduit l'enquête (PT/Flickr)

Quatre ans d'opération Lava Jato : quatre chiffres, quatre infos

Le 17 mars 2014 était lancée la première phase de l'opération Lava Jato. Une vaste enquête menée par la police fédérale sur le plus grand système brésilien de corruption et de blanchiment d'argent, impliquant nombre de politiques et des entreprises telles que la compagnie pétrolière Petrobras ou le géant de la construction Odebrecht. Retour en quatre chiffres sur quatre ans d'investigation.

49 C'est le nombre de phases opérationnelles ayant été jusqu'à maintenant menées. Car la première phase ayant eu lieu en mars 2014 ne représentait finalement que la pointe de l'iceberg. Au fur et à mesure, l'affaire prend de l'ampleur, atteignant les plus hautes sphères du monde politique (députés, sénateurs, ministres, président) et économique.

42,8 La police fédérale estime que ce seraient en tout 42,8 milliards de reais qui auraient été détournés par les différents acteurs de ce grand schéma de corruption, grâce à des surfacturations de 1 à 5 % sur des contrats conclus avec des entreprises telles que Petrobras, Odebrecht ou encore OAS. A ce jour, des accords ont été conclus pour récupérer 12 milliards de reais, mais seul 1,9 milliard aurait actuellement réellement rejoint les caisses de l'Etat. 1,3 milliard de reais devrait être rapatrié de l'étranger.

Une manifestation en 2016, à Copacabana, en faveur du Lava Jato (Agência Brasil)

188 Si 289 personnes (hommes politiques provenant de multiples partis et hommes d'affaires) ont été dénoncées dans l'affaire, pour l'instant 188 d'entre elles ont été condamnées. Si l'on additionne l'ensemble des peines de prison attribuées, on atteint le chiffre de 1.860 ans. Parmi les personnalités déjà incarcérées, on compte quelques grands noms de la politique brésilienne, parmi lesquels Sergio Cabral, ancien gouverneur de l'Etat de Rio, Eduardo Cunha, ancien président de la Chambres des députés, Antonio Palocci, ancien ministre de l'économie, José Dirceu, ancien Premier ministre, Paulo Roberto Costa, l'un des directeurs de Petrobras. Trois anciens présidents sont également visés par des investigations : Fernando Henrique Cardoso, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff. En janvier dernier, Lula a été condamné en deuxième instance à 12 ans et un mois de prison ferme our corruption passive et blanchiment d'argent. L'actuel Président, Michel Temer est également au cœur des dénonciations. 293 accords de delação premiada (négociation de peine) ont été conclus dans le cadre du Lava Jato ; Marcelo Odebrecht, ancien président du groupe portant le même nom, fait partie des personnalités clés de l'affaire ayant choisi de collaborer avec la justice.

215 Les autorités brésiliennes ont envoyé quelque 215 demandes de collaboration auprès de 42 pays. Si l'affaire semble avoir bien avancé au Brésil, elle commence tout juste à s'exporter. L'opération Lava Jato fait déjà parler d'elle entre autres en Argentine, au Venezuela, en Angola ou encore en Colombie. Dans tous les cas, le même mode opératoire : des pots-de-vin distribués par Odebrecht ou Petrobras pour l'obtention de contrats. C'est au Pérou que l'affaire fait le plus de bruit, puisque la compagnie de BTP a révélé y avoir versé 29 millions de dollars à des dignitaires péruviens. L'enquête vise les trois anciens présidents et vient de faire tomber l'actuel dirigeant du pays, Pedro Pablo Kuczynski, qui a présenté hier sa démission.

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