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Ça fait du ramdam au Brésil : conseils de survie pour les noirs de Rio - Bom Dia Brésil
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Le journaliste Edu Carvalho (Capture écran Youtube)

Ça fait du ramdam au Brésil : conseils de survie pour les noirs de Rio

Qui a le plus à craindre de l’intervention militaire dans la sécurité publique à Rio de Janeiro ? Pour les youtubeurs Spartakus Santiago et AD Junior et pour Edu Carvalho, journaliste de FaveladaRocinha.com, cela ne fait aucun doute. Le trio a mis en ligne le week-end dernier la vidéo ci-dessous, construite comme un guide de survie à destination des habitants des favelas en général, et des noirs en particulier.

Les trois comparses commencent par recommander d’« éviter de sortir à une heure tardive. Malheureusement, le soir, dans le regard de l’autre, vous n’êtes pas seulement noir, vous êtes un bandit et vous représentez un danger ». Suit une dizaine de recommandations, qui vont de « ne sortez pas sans documents d'identité », « faites savoir à vos amis où vous allez », à « ne marchez jamais sans votre téléphone portable ». Viennent ensuite « si vous êtes arrêté, filmez votre arrestation », « portez plainte si la façon dont vous avez été interpellé vous a choqué », « cherchez toujours à marcher accompagné » ou « si vous êtes abordé par un agent de la sécurité publique, ne faites pas de mouvement brusque et ne cherchez pas la confrontation ». Sans oublier le plus classique « n’accélérez pas si vous êtes en voiture et que vous arrivez à un contrôle. Arrêtez-vous, mettez les mains sur le volant, et ayez vos documents à portée de main ».

Dans les lieux publics, évitez d’utiliser une perceuse ou un grand parapluie. Ça a l’air bête, mais de loin beaucoup de personnes peuvent les prendre pour des armes à feu

D’autres conseils semblent surréalistes : « dans les lieux publics, évitez d’utiliser une perceuse ou un grand parapluie. Ça a l’air bête, mais de loin beaucoup de personnes peuvent les prendre pour des armes à feu », et « n’ayez jamais de détergent ou d’eau de javel dans votre sac à dos ou sac à main ». Ces dernières indications s’appuient pourtant sur des faits réels selon Globo. En 2010, lors d’une opération du Bataillon d’opérations spéciales (Bope) dans une communauté de la zone nord de Rio, Hélio Ribeiro a été abattu alors qu’il bricolait sur le toit de sa maison une perceuse à la main. Et pendant les manifestations de 2013, Rafael Braga Vieira a été condamné à quatre ans et huit mois de prison parce qu’il avait sur lui deux bouteilles de produits d’entretien domestique, qu’il a été accusé de vouloir utiliser comme cocktail Molotov.

Réactions

Devenue virale, la vidéo a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Le plus souvent pour abonder dans le sens de Spartakus Santiago, AD Junior et Edu Carvalho. Sur Facebook, Carlos Eduardo Oliveira (ci-dessous), observe ainsi que « cette vidéo parle des agents de sécurité de notre pays qui abusent de leur pouvoir au moment d’une interpellation. Malheureusement, nous les noirs sommes toujours l’objet d’abus et de représailles ».

“Este vídeo fala sobre abordagem de agentes de segurança do nosso país que abusam do poder durante o momento da...

Posted by Carlos Eduardo Oliveira on Dienstag, 20. Februar 2018

Sur Twitter, Isabela Aguiar (ci-dessous) se demande s'il existe une dénonciation plus grande de l’intervention fédérale : « les instructions de cette vidéo visent juste. Jusqu’à quand allons-nous vivre comme ça. Belle démocratie. »

D'autres voix critiquent pourtant une forme d'opportunisme des trois comparses. Sur Twitter, @marquakster1 (ci-dessous) note qu’« ils ont fait une vidéo de conseils sur ce qu’il faut faire pendant l’intervention fédérale. Pourquoi ils n’en font pas une pour que tous survivent aux trafiquants ? »

Reste la réalité froide des statistiques. Comme le tweete Camila de Mattos (ci-dessous), selon El Pais Brasil, à Rio, le taux d'homicide chez les noirs est presque le double de celui chez les blancs : 41 contre 21,5 pour 100.000 habitants.

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