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Ça fait du ramdam au Brésil : derrière la grève des chauffeurs routiers, le bruit des bottes ? - Bom Dia Brésil
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Photo circulant sur des groupes WhatsApp de chauffeurs routiers brésiliens (DR)

Ça fait du ramdam au Brésil : derrière la grève des chauffeurs routiers, le bruit des bottes ?

La grève des chauffeurs routiers, qui dure depuis déjà depuis dix jours et bloque toujours une partie du Brésil malgré des concessions du gouvernement, n’avait au départ aucun lien politique particulier : la revendication était la baisse des prix des carburants. Mais les différents camps de gauche et de droite se sont vite emparés de la contestation pour l’associer à leur cause. Sans grand succès comparé aux soutiens d’un nouveau coup d’Etat militaire.

La force de frappe des chauffeurs routiers, qui ont réussi à paralyser des villes entières et jusqu’à des dizaines d’aéroports, est sans commune mesure. Et comme le soutien populaire qui l’accompagne est suffisamment solide malgré les différentes pénuries (essence, aliments…), les ambitions des manifestants ont grimpé en flèche, allant au-delà de la simple baisse des prix à la pompe.

« Intervenção ja »

« Avec l'ampleur de la grève ces derniers jours, les chauffeurs routiers en sont venus à croire qu'ils peuvent changer le cours du pays. Certains croient que s'ils parviennent à maintenir la paralysie plus longtemps, le gouvernement actuel sera obligé de démissionner. La plupart soutiennent une intervention militaire », explique l’Estadão, qui a eu accès à plusieurs groupes WhatsApp de manifestants.

Le quotidien raconte des scènes de libération d’autoroutes par des militaires accueillis chaleureusement sous les applaudissements. Il n’a pas été rare non plus de voir des slogans appelant à un coup d’Etat (« Intervenção ja ») peints sur les routes ou sur des poids lourds. Sur les réseaux sociaux, ces appels – qui ne sont pas pour autant majoritaires - sont régulièrement postés, par exemple, dans les groupes Facebook de chauffeurs routiers.

L’intervention militaire, un chiffon rouge

L’un d’entre eux dit ceci : « Nous avons une grande chance entre nos mains, profiter de cette grève pour demander une intervention militaire (…) et de nouvelles élections sans les communistes, et avec cette intervention, la chasse à tous ces voleurs qui sont au gouvernement... L'armée entrerait en action dans une semaine, vous voyez, nous pouvons être à une semaine de la fin de tout ce vol, c'est entre nos mains. »

Du côté de l’Association brésilienne des chauffeurs routiers (Abcam), on prend ces propos avec des pincettes. « Je crois que l'intervention militaire est un chiffon rouge agité par certains chauffeurs routiers parce que cela peut être l'alternative qu'ils voient pour assainir ces constantes affaires de corruption dans le pays, mais je ne peux pas dire que l’Abcam soutient l'intervention (militaire) », a déclaré une porte-parole à la BBC Brasil. « Si le chauffeur X, Y ou Z croit que l'intervention est la meilleure voie, nous l'acceptons, nous ne nions pas le droit d'expression politique de quiconque, c'est la liberté d'expression », ajoute-t-elle, se défendant que l’organisme soutienne un quelconque parti ou mouvement politique.

Un coup d’Etat militaire, seulement dans le rétroviseur

Ainsi, ce qui étaient au départ des revendications marginales, comme on peut en voir régulièrement à l’occasion de manifestations antigouvernementales depuis 2016, sont devenues un véritable sujet d’inquiétude auquel le gouvernement a été obligé de répondre à son tour. Devant des journalistes étrangers mardi, Michel Temer a écarté tout risque de coup d’Etat militaire.

Lors d’une conférence de presse le même jour, le général de réserve Sergio Etchegoyen, responsable du Cabinet de sécurité institutionnelle, l’une des voix de l’armée brésilienne, a réagi lui sur le ton de la métaphore : « Je vis au 21e siècle (…) Les phares que j'utilise pour me guider sont beaucoup plus puissants que mon rétroviseur. Je ne vois aucun militaire, je ne vois pas les Forces Armées y penser, absolument pas. »

Heureusement, le Brésil sait conserver son redoutable sens de l'humour même dans les moments de crise et un contre-mouvement se dessinait déjà : celui d'une intervention... psychiatrique. Mieux, d'une intervention extraterrestre, première tendance sur Twitter Brésil mardi.

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