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Ça fait du ramdam : Jair Bolsonaro provoque le malaise en voulant commémorer le coup d’Etat de 1964 - Bom Dia Brésil
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Jair Bolsonaro commémore le coup d'Etat militaire de 1964 le 31 mars 2015 à Brasilia (Twitter)

Ça fait du ramdam : Jair Bolsonaro provoque le malaise en voulant commémorer le coup d’Etat de 1964

La dernière idée de Jair Bolsonaro ? Que le coup d’Etat militaire de 1964 soit commémoré dimanche au sein des casernes du Brésil. Un message, approuvé par le président brésilien, sera lu aux soldats, ce qui a provoqué moins la surprise qu’un grand malaise au sein de l’opinion publique, des autorités judiciaires et de la presse.

Une commémoration qui a toujours existé

Agência Brasil rappelle néanmoins que cette commémoration de la « Révolution de 1964 », comme l’appelle les militaires, a toujours eu lieu dans les casernes, même si de manière informelle depuis 2012, quand Dilma Rousseff, elle-même ancienne victime de la dictature, l’a interdit.

Il s’agit donc pour Jair Bolsonaro de lui redonner formalité et légitimité. « Le président ne considère pas le 31 mars 1964 comme un coup d'Etat militaire. Il considère que la société, rassemblée et consciente du danger auquel le pays était confronté à ce moment-là, a réuni civils et les militaires. Nous avons pu sauver notre pays et le remettre sur un chemin de telle sorte que, si cela n’avait pas eu lieu, nous aurions aujourd’hui un gouvernement qui ne serait bon pour personne », a déclaré lundi le porte-parole de la présidence de la République, Otávio Rêgo Barros.

La presse et le MPF consternés

Des éditorialistes n’ont pas tardé à lui répondre. « Le président João Goulart (…) a été démis de ses fonctions par des chars dans les rues et non par des manifestations populaires. (…) Lorsqu'un président élu perd son mandat dans une action qui ne figure pas dans la Constitution, on appelle cela un coup d’Etat », a répliqué Eduardo Salgado dans Epoca.

« Sans la démocratie, Bolsonaro ne serait pas là où il est. Il serait important pour lui de reconnaître la valeur de tous ceux qui se sont battus dans le respect de la loi (la gigantesque majorité) pour mettre fin à la dictature imposée après le coup d'État. Ce sont eux qui nous accordent le droit d’avoir notre propre opinion sur le sujet et de l’exprimer librement. Mais, jamais, celui de nier les faits ou de tenter de réécrire l’histoire », renchérit Helio Gurovitz sur G1.

Le Ministère public fédéral (MPF) est lui aussi monté au créneau. « Célébrer la dictature, c'est célébrer un régime inconstitutionnel responsable de graves crimes de violation des droits de l'homme. Cette initiative ressemble à une apologie de la pratique d'atrocités de masse et mérite par conséquent une répudiation sociale et politique », a-t-il fait savoir mardi dans un communiqué cité par G1, ajoutant qu’utiliser des structures publiques pour un tel événement pourrait conduire à une faute administrative et un crime de responsabilité. Le Procureur général de la République lui a emboîté le pas, recommandant ce mercredi aux commandements militaires de 18 Etats de ne pas organiser de commémoration.

Mobilisation des étudiants et internautes

Ce mercredi, une partie des étudiants de l’université Mackenzie de São Paulo, hostile à la commémoration du coup d’Etat, avait préparé un comité d’accueil pour Jair Bolsonaro, qui devait venir y découvrir les résultats d’une étude scientifique. Le président brésilien a dû annuler sa visite alors qu’un autre groupe d’étudiants en sa faveur a aussi manifesté pour le défendre.

Sur les réseaux sociaux, les internautes brésiliens ont souvent exprimé leur stupeur à l’aide de dessins de presse.

« Triste portrait d’un pays qui ne se rappelle pas de sa propre histoire »

Mais les partisans de Jair Bolsonaro n’en démordent pas, répliquant notamment par l’intermédiaire de comparatifs avec le nombre de morts des régimes communistes.

« La gauche insiste dans un discours de mensonges. Il n’y a jamais eu de coup d’Etat militaire. Il y a eu une intervention militaire à la demande du peuple qui ne voulait pas que le communisme s’implante au Brésil. » / « Dieu soit loué que les militaires soient intervenus pour nous aider. Sinon, aujourd’hui, nous serions esclaves des communistes ! »

Jair Bolsonaro joue la carte O Globo

D'autres ont diffusé à foison l’éditorial du journal O Globo - leur ennemi médiatique juré actuel - du 1er avril 1964, titré « La démocratie resurgit » et saluant l’intervention militaire. C'est la parade également choisie ce mercredi soir par Jair Bolsonaro qui ne s'était pas exprimé sur le sujet. Sans autre commentaire, il a tweeté une citation du fondateur du groupe O Globo, Roberto Marinho, après la fin du régime militaire en 1985 :

« Nous avons participé à la Révolution de 1964, identifiée par les aspirations nationales à la préservation des institutions démocratiques, menacée par la radicalisation idéologique, les grèves, le désordre social et la corruption généralisée. » / « (...) les événements ont commencé, comme l'a reconnu le maréchal Costa e Silva, "en raison de la demande inéluctable du peuple brésilien". Sans ce peuple, il n'y aurait pas de révolution, il n'y aurait qu'une "déclaration" ou un "coup d'Etat" avec lequel nous n'aurions pas été solidaires. »

Plus de 400 morts et disparus

Pour rappel, le coup d’Etat militaire de 1964 a conduit à 21 ans de dictature sous laquelle aucun président ni Parlement n’a été élu, presse et artistes ont été censurés, et surtout plus de 400 personnes ont été assassinées et sont portées disparus. Jair Bolsonaro ne sera pas présent pour la commémoration car en déplacement en Israël à partir de samedi.

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