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J. Borges : « Dans le Nordeste, le cordel était une littérature qui permettait d'apprendre à lire » - Bom Dia Brésil
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J. Borges : « Dans le Nordeste, le cordel était une littérature qui permettait d'apprendre à lire »

Si vous êtes déjà allés dans le Nordeste, il est fort probable que vous ayez déjà vu des oeuvres de J. Borges, fameux cordelista et créateur de xylogravures, originaire du Pernambuco. Du haut de ses 83 ans, il passe toujours plusieurs heures par jour dans son atelier de Bezerros, à 1h15 de Recife, à de nouvelles compositions littéraires ou de gravures sur bois. Entretien.

(Memorial J. Borges/Facebook)

Comment la littérature de cordel est-elle entrée dans votre vie ?

Quand j’étais enfant, il n’y avait pas de radio ou de télévision, alors notre telenovela à nous, c’était le cordel (poésies populaires imprimées sur un papier simple, la couverture du folheto qui les contient est illustrée d'une xylogravure, ndr), c’était notre seul divertissement. Mon père nous les lisait le soir. Et j’ai toujours adoré ça. Je n’ai pas fréquenté longtemps l’école : je n’y suis allé que dix mois, alors que j’avais 12 ans. J’ai appris les bases de la lecture et de l’écriture, mais j’ai ensuite réellement appris à lire grâce aux cordeis. C’est en en lisant beaucoup que j’ai compris les « trucs » d’écriture du genre, qui m’ont permis de me lancer dans la création de mes propres oeuvres.

Quel rôle avait cette production écrite dans la région ?

Le cordel a eu une grande importance pour le Nordeste, c’était une littérature qui permettait d’apprendre à lire car, quand on vivait dans un endroit reculé, on n’avait pas accès facilement à l’école. Et puis en plus d’être une diversion pour les gens, ça servait aussi de journal et permettait de diffuser des informations dans les fermes notamment.

Quel était votre premier cordel ?

J’ai écrit mon premier cordel en 1956, O Encontro de Dois Vaqueiros no Sertão de Petrolina (La Rencontre de deux vachers dans le sertão de Petrolina), alors que j’avais 20 ans. Et je n’ai plus arrêté d’en écrire. Mon premier cordel racontait une vaquejada (course dans laquelle deux cow-boys à cheval encadrent un taureau et doivent parvenir à le renverser, c'est un sport typique du Nordeste, ndr). J’en ai vendu beaucoup, plus de 10.000 à l’époque. Le succès ayant été au rendez-vous, je n’ai pas pensé à arrêter. Depuis, j’en ai composé 317. Au cours des dernières années, ma production a évolué : au début, je pouvais en écrire de 32, 40, 64 ou même 120 pages. Maintenant, les gens préfèrent des textes très courts, de huit pages, des petites histoires qui soient divertissantes.

Pourquoi avoir commencé la xylogravure ?

Les cordeis en vente au mémorial (Memorial J. Borges/Facebook)

La xylogravure a surgi comme un besoin pour illustrer les cordeis que j’écrivais, comme personne d’autre ne le faisait dans la région où je vivais. Donc j’ai fait une tentative qui a été satisfaisante et j’ai continué.

Quels sont les thèmes que vous préférez mettre en avant dans vos oeuvres ?

Mes thèmes de prédilection ont toujours été les histoires et le folklore du Nordeste, la vie de tous les jours. Evoquer la politique et l’actualité ne m’a jamais intéressé.

La littérature de cordel vient d’être inscrite au Patrimoine culturel immatériel du Brésil. Est-ce une satisfaction de voir l’art auquel vous contribuez être valorisé de cette manière ?

Je suis très heureux de savoir que le cordel a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel du Brésil. C’est une littérature qui m’a toujours nourri. Et en même temps, c’était une littérature marginalisée, considérée comme une littérature de pauvre. Et maintenant, elle est reconnue et diffusée à travers le monde.

Votre art n’est donc désormais plus limité aux frontières du Nordeste ?

Je vends mes cordeis et mes xylogravures dans mon atelier, à Bezerros, dans le Pernambuco, mais aussi à Recife, à São Paulo. Et à l’étranger aussi, depuis plusieurs années maintenant, il y a de l’intérêt pour mon travail aux Etats-Unis et au Japon. Je suis venu donner des cours dans de nombreux Sesc de l’Etat de São Paulo ces dernières années, ce qui montre aussi l’intérêt pour cet aspect culturel du pays.

Vous avez été le premier, dans le Nordeste, à réaliser des xylogravures en couleur…

En effet, toute la production de xylogravures nordestines était en noir et blanc. Les gens aimaient, mais ont commencé à me demander pourquoi je ne produisais pas d’oeuvres en couleur. Je me suis alors penché sur la question. A priori, il fallait décomposer l’oeuvre en plusieurs blocs de bois gravés, chacun correspondant à une couleur, mais ça représentait pas mal de gâchis de bois et j’ai voulu tenter en faisant tout sur un seul. Le risque était que les différentes couleurs coulent les unes sur les autres et que le résultat soit affreux. J’ai donc soigneusement attendu que la peinture ait le temps de sécher avant de voir ce que ça avait donné. Et c’était satisfaisant ! J’ai donc commencé à produire plus en couleur. Actuellement, 90 % des xylogravures que je fais sont en couleur.

Si vous souhaitez découvrir le travail de J. Borges, il est possible de vous rendre dans son atelier :
Memorial de J.Borges & Museu da Xilogravura
BR 232 - Loteamento São Rafael
Bezerros - Pernambuco
55660-000

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