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Libération de Lula : récit d’une folle journée à Curitiba - Bom Dia Brésil
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(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

Libération de Lula : récit d’une folle journée à Curitiba

Il est 6h30 du matin ce vendredi 8 novembre et pourtant, les quelques fidèles de Luiz Inácio Lula da Silva sont déjà à la fête devant le siège de la Police fédérale de Curitiba (Parana) où leur héros est emprisonné. La « Vigilia Lula Livre » (Veille pour un Lula libre), le camp de soutien permanent ici depuis le premier jour d’incarcération, n’ouvre qu’à 7h. Les premiers journalistes locaux arrivent et meublent timidement en duplex devant les lieux devenus la prison d'un seul homme, en restant à distance du campement.

La veille, la Cour suprême a déclaré inconstitutionnelle la jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l’épuisement de tous ses recours, même si sa condamnation - huit ans et dix mois pour Lula - a été confirmée en appel. Les avocats de l'ancien président brésilien ont demandé sa libération immédiate.

« Ne répondez pas aux provocations de la police ou de la presse »

(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

A l’ouverture de la Vigilia, le café coule déjà abondamment, la journée s’annonce longue... Il règne une ambiance de lendemain de fête, de victoire imminente. Chaque nouvel arrivant salue tout le monde, en se nommant mutuellement « companheiro ». Les profils sur le campement sont variés et métissés, les minorités étant clairement visibles (et probablement mises en avant). L’une des responsables du campement livre ses consignes aux militants via un mégaphone : « Ne répondez pas aux provocations de la police ou de la presse (sic), aujourd’hui doit être une journée joyeuse. C’est le jour de notre victoire, de votre victoire ! ». S’en suit un rituel quotidien depuis le 7 avril 2018 : souhaiter une bonne journée à « leur président », à 9h, en faisant le plus de bruit possible.

(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

D’heure en heure, des dizaines de personnes affluent. « Certains viennent ici de leur propre initiative après avoir vu la nouvelle hier soir et d’autres répondent à l’appel de leur organisation », explique Pedro Carrano, membre de la coordination du Parti des travailleurs (PT).

Le jour le plus long

Maria, la soixantaine, une casquette du MST vissée sur la tête, tricote : « Je suis là depuis le premier jour. Ce n’est pas pour moi que c’est dur d’être ici mais pour lui, qui est injustement emprisonné ici ». Ces citoyens ont donc choisi de lier leur présent au destin du chef historique du PT, dont la libération prochaine sera du coup aussi la leur et entraînera la fin de ce campement qui dure depuis 580 jours. A ce moment-là, tout le monde ignore si la remise en liberté de l’ancien ouvrier métallurgiste aura lieu dans quelques heures ou dans quelques jours, mais l’important semble d’être aujourd’hui présent. « Nous devons être ici pour mettre la pression aux autorités pour que le droit soit appliqué. Il doit sortir aujourd’hui. Il y a une vraie pression internationale et nationale pour cette libération », continue Pedro Carrano.

(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

L’horloge tourne et le campement se retrouve vite trop petit pour la foule qui arrive. Les vendeurs de bibelots affluent, l’occasion d’acheter des foulards, tasses ou tee-shirts « Lula Livre » ou de la cachaça biologique siglée « MST ». Les journalistes aussi débarquent en nombre, prenant d’assaut l’unique restaurant en face du siège de la Police fédérale et son réseau Wi-Fi. Les avocats du cofondateur du PT viennent faire une déclaration au milieu de la foule de reporters jouant des coudes. La rumeur de la sortie de celui qui est si attendu par ses aficionados enfle. Une scène est montée, des membres du PT comme le dernier candidat malheureux à la présidentielle Fernando Haddad ou l'ancien sénateur Lindbergh Farias arrivent, acclamés par leurs partisans.

Une sortie sous haute tension

(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

La tension monte d’un cran, c’est une véritable marée rouge qui se bouscule contre les barrières installées par les forces de l’ordre. Il est 17h42, la police, nerveuse, se déploie massivement tout autour de la prison improvisée et Lula sort enfin ! Aux côtés de ses proches, il se fraye difficilement un passage jusqu’á la scène dans une ambiance totalement folle. Les gens pleurent, hurlent, filment, chantent et allument des fumigènes ou pétards. Les traits tirés, l’homme de 74 ans est déjà sur scène et déroule un discours de combat, parlant déjà d’avenir politique. Sa nouvelle compagne, Rosangela da Silva, surnommée « Janja », une sociologue et militante du PT, est présentée à la foule qui réclame un baiser… accordé.

(Guy Pichard/Bom Dia Brésil)

L’hystérie est collective et ne retombera qu’à son départ. Ce jour-là, devant le siège de la Police fédérale de Curitiba, seule une personne aurait aimé que l’attente soit plus longue… le patron du restaurant en face du bâtiment, qui a vendu ce jour-là jusqu’à sa dernière bouteille d’eau. « Je n’ai plus rien à vendre, c’est fantastique. Quelle journée prodigieuse pour mon commerce. Lula va me manquer.

Plus d'images sont à retrouver sur www.guypichard-bzh.fr.

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