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Présidentielle 2018 : le premier débat télévisé vu par la presse brésilienne - Bom Dia Brésil
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Les huit candidats du débat de Band (Flickr/HenriqueMeirelles)

Présidentielle 2018 : le premier débat télévisé vu par la presse brésilienne

Un peu moins de deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le premier débat télévisé entre huit candidats s’est déroulé jeudi soir sur la Band. Lula était absent pour les raisons que l’on connaît, d’autres candidats, mineurs, n’ont pas été conviés par manque de représentativité parlementaire.

« Un désert d’idées et de projets »

Un débat où tout le monde a eu la parole de manière équitable au cours de séquences variées : monologues, questions entre candidats, questions de journalistes pour les candidats. La presse brésilienne y a vu un échauffement sans grande saveur ni vainqueur, où les controverses (opération Lava Jato, candidature de Lula) ont été mises de côté. « Un désert d’idées et de projets », résume l’Estadão.

Les séquences étant variées et courtes, il n’a en effet pas été possible pour les différents candidats de réellement se mettre en valeur en dehors des « petits » candidats comme Guilherme Boulos (Partido Socialismo e Liberdade – Psol), qui a multiplié les attaques frontales (notamment contre Jair Bolsonaro et Henrique Meirelles) avec des formules appelées à faire mouche auprès du grand public (« Nous avons ici 50 nuances de Temer »), Alvaro Dias (Podemos), promettant Sergio Moro comme ministre de la Justice, ou encore Cabo Daciolo (Patriota), hurlant ses positions antisystème et antisocialiste Bible sous le bras et damant presque le pion à Jair Bolsonaro (Partido Social Liberal).

Nous avons ici 50 nuances de Temer.

Un plan sans accroc pour Jair Bolsonaro

Pour El Pais, ce dernier n’a pas pu se démarquer comme il l’espérait. « Il a présenté les mêmes arguments de toujours comme la défense du port d’arme, la castration chimique des violeurs et ses attaques contre les politiques de défense des droits de l’homme et de gauche », indique la version brésilienne du quotidien espagnol.

Néanmoins, pour l’Estadão, contrairement aux candidats plus chevronnés, Jair Bolsonaro est le seul à avoir réussi à sortir de la superficialité des thèmes abordés grâce à une tactique bien élaborée. « Sans crier, fuyant les provocations et faisant des observations pondérées, Jair Bolsonaro s’est présenté au débat pour transmettre clairement le message qu’il n’est pas un déséquilibré incapable de gouverner le pays », estime le quotidien paulistano.

Geraldo Alckmin, principale cible des attaques

Pour O Globo, Jair Bolsonaro s’en est donc sorti une fois de plus « sans se compromettre », sans doute aussi parce que ce n’est finalement pas le leader des intentions de vote au premier tour (sans Lula) qui a été la principale cible des rares attaques des autres candidats.

Ce sont surtout Geraldo Alckmin (Partido da Social Democracia Brasileira – PSDB) et, dans une moindre mesure, Henrique Meirelles (Movimento Democrático Brasileiro - MDB), particulièrement imbu de ses propres réussites à la tête de la Banque centrale (2003-2010), qui « n’ont pu échapper au calvaire d’être identifiés (comme les candidats) du radioactif Michel Temer » dixit El Pais. Les deux « technocrates » ont défendu tant bien que mal les lourdes réformes en cours tout en tentant de se démarquer du président en exercice. Très techniques, notamment sur les thématiques économiques, ils vont devoir revoir leur « ton professoral » qui « n’est jamais source de votes dans les débats », pour O Globo.

Pas de vainqueur, mais plusieurs perdants

Plutôt épargnée, Marina Silva, elle, « a répété le même discours qu’elle prêche depuis deux ans », selon El Pais, soit une position anticorruption et de troisième voie à l’écart du PT et du PSDB. « Pour ceux qui accèdent à la campagne politique seulement maintenant, elle peut encore apparaître comme la plus proche de l'idéal d'un candidat à la présidentielle. » « Fidèle à son style », conclut O Globo.

S’il n’y a pas eu de vainqueur, la presse y a vu plusieurs perdants. A commencer par Lula et le Parti des travailleurs (PT). La justice a refusé que l’ancien président participe au débat et la Band a refusé que son parti envoie un quelconque remplaçant. Résultat : « un débat moins chaud » que prévu pour la Folha de S.Paulo, que le PT a tenté de concurrencer avec un événement alternatif retransmis sur les réseaux sociaux durant lequel Fernando Haddad, candidat à la vice-présidence aux côtés de Lula, s’est particulièrement attaqué à Geraldo Alckmin, candidat de son parti rival historique. Mais cette solution, qui n’aurait pas connu un franc succès, risque de compliquer à terme les affaires du PT. « Si ce n’est pas résolu avant le prochain débat, (le PT) va perdre un espace précieux dans la tête de l’électeur », estime El Pais.

Ciro Gomes mis à l’écart

Autre candidat mis en échec, Ciro Gomes (Partido Democrático Trabalhista - PDT), qui a été peu interrogé par ses adversaires et n’a ainsi pas profité de son temps de parole pour se démarquer. O Globo explique cette mise à l’écart de la part des autres candidats par la peur de « sa langue acérée ». Il s’est donc contenté de « garder son calme » et de donner « un air sympathique ».

Les différents candidats, dont les Brésiliens choisiront assurément « le moins pire » selon El Pais, auront largement le temps de se rattraper, huit autres débats étant prévus jusqu’au premier tour. Le prochain aura lieu vendredi prochain sur Rede TV.

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