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Inès et sa soeur lors d'un voyage dans les Lençois (Archives personnelles)

L'expatriation au Brésil vue par les ados

« Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez », recommandait l'auteur nord-américain Mark Twain. C'est une philosophie qu'ont embrassée de nombreuses familles françaises en décidant de se lancer dans l'expérience de l'expatriation au Brésil. Une aventure vécue aussi par les plus jeunes de la tribu, à qui Bom Dia Brésil a décidé de donner la parole.

Première étape avant de boucler cartons et valises : les premières réactions après l'annonce de la nouvelle. « J'avais 5 ans quand mes parents m'ont annoncé que nous allions partir au Brésil, se souvient Inès, 16 ans. Je ne voulais pas y aller car je pensais que j’étais obligée de participer au défilé du carnaval ! C’était la première chose que mes parents m’avaient montré du Brésil. » Firmin, 13 ans, n'a lui non plus pas vu ce départ d'un si bon oeil que cela : « On avait vécu avant au Nigeria et en Angola. Là, on était installés à Pau, en France. Je savais déjà ce que c'était que de perdre des amis et de devoir s'en refaire. Cette idée me rendait vraiment triste ». Mathieu, 16 ans, y a au contraire vu la possibilité d'une nouvelle vie attrayante : « Je vivais dans une petite ville en Vendée. Alors venir s'installer dans une grande ville comme São Paulo, c'était une idée qui me plaisait ». Quant à Marie-Claire, 17 ans, qui avait 13 ans et vivait alors en Espagne, elle avoue « n'avoir pas totalement réalisé ».

Les premières impressions

Fleur et Firmin en compagnie de leur maman (Archives personnelles)

Avec ou sans réticences, l'heure du départ a sonné, ainsi que celle des premiers pas dans leur nouvelle vie/ville. De prime abord, c'est la chaleur accablante de l'été carioca que Firmin et Violette, 11 ans, ont retenu de leur découverte de Rio. « C'est une ville qui m'a semblé merveilleuse, mais il faisait tellement chaud que je n'ai pas apprécié les premiers jours » affirme Firmin. Sa soeur a quant à elle été surprise par la ville : « Je ne sais pas pourquoi, mais je m'attendais à ce qu'il n'y ait que des immeubles et de toutes petites plages. Et en fait, j'ai réalisé qu'elles étaient immenses ! » Entre Marie-Claire et São Paulo, cela n'a pas franchement été le coup de foudre, puisqu'elle a « trouvé cette ville horrible ». Elle n'a pas aimé au point de vouloir immédiatement rembarquer pour Madrid. C'est l'immensité de la capitale pauliste qui a frappé Mathieu, marqué notamment par « tous les grands immeubles qui composent la ville ». Les souvenirs sont très flous pour Inès, qui était toute petite, et ne se souvient que de la douleur du vaccin contre la fièvre jaune fait peu de temps après leur arrivée au Brésil.

Nouvelle maison, nouvelle école : les enfants se sont peu à peu créés des repères dans leur ville d'accueil. Mais ont aussi commencé à en percevoir les atouts. Pas de surprises pour Firmin et Violette, qui apprécient particulièrement le fait que la plage et la mer soient aussi accessibles à Rio. Mais le jeune homme aime également que la nature et ses montagnes fassent partie intégrante de la ville. Les attraits de São Paulo sont bien évidemment forts différents pour nos jeunes Paulistes. « J’aime bien le fait qu’il y ait beaucoup d’immeubles très hauts, explique Inès. C’est impressionnant et personnellement, je trouve ça beau. Il y a aussi quelques quartiers qui sont vraiment très arborés. » C'est la variété des cultures qui réjouit Mathieu et le fait que ce soit « une ville qui bouge ». Il met également en avant la réputation de capitale gastronomique dont São Paulo s'enorgueillit : « Il y a des restaurants de tous types. Italien, libanais, japonais... ce n'est pas le choix qui manque ». Pour l'aspect climatique, Inès apprécie particulièrement que « les hivers ne soient pas trop rudes ».

Chaleur et ouverture

Marie-Claire au Parc Ibirapuera, l'un des espaces verts de São Paulo (Archives personnelles)

Avoir traversé l'Atlantique a également été l'opportunité pour les enfants de partir à l'assaut d'un pays-continent et de sa culture. Pour Mathieu, « c'est un grand pays dans lequel il est possible de faire de beaux voyages ». Les Lençois Maranhenses et le Pantanal semblent notamment avoir marqué les esprits de nos expatriés en herbe. Firmin garde également un excellent souvenir de leurs nombreux séjours à Paraty, qu'il qualifie comme une petite ville « calme et jolie, où on peut faire des tours en bateau pour découvrir de belles plages aux environs ». Et sur le plan culturel, les ados célèbrent à l'unanimité le caractère  « sympathique et chaleureux » des Brésiliens.

Mais vivre au Brésil comporte aussi ses défis et la vie n'est pas toujours si idyllique que peuvent se le figurer nombre de personnes en France. Le sujet de préoccupation principal reste l'insécurité, que ce soit pour les Paulistes ou les Cariocas. « Même si je sais que mon immeuble et mon école sont situés dans des quartiers sécurisés, j'ai toujours dans un coin de ma tête l'inquiétude de rencontrer un jour une personne armée », raconte ainsi Firmin. Inès et Marie-Claire pointent aussi la violence brésilienne comme un élément perturbateur de leur expatriation. La première regrette notamment de ne pas avoir « la possibilité de [s]e déplacer en ville toute seule, que ce soit à cause de l’insécurité ou du manque de transports publics ». « Je n’aime pas non plus la constante odeur des pots d'échappement des voitures, ni le fait qu’on puisse voir le nuage de pollution au-dessus de la ville », ajoute Inès. Une opinion partagée par Marie-Claire, qui regrette aussi que les choses à faire à São Paulo soient assez limitées pour les ados. Enfin, Violette regrette que vivre à Rio l'ait éloignée physiquement de sa famille : « En étant loin de la France, je vois moins ma famille et peut-être que ça empêche d'avoir des liens plus forts avec elle ».

Avec ses points positifs et négatifs, l'expatriation reste, à l'heure des bilans, une expérience enrichissante qui transforme. « Il y a eu des moments difficiles pendant notre expatriation, mais si on regarde du bon côté des choses, j'ai côtoyé aussi des cultures variées, rencontré de nombreuses personnes, appris à parler une autre langue », déclare Marie-Claire. Violette souligne que ces années de vie à Rio ont été « une expérience positive », notamment car elle a pu « apprendre beaucoup de nouvelles choses ». S'ils sont tous à un âge où la transformation est le maître mot, ils estiment cependant que la vie au Brésil se manifeste dans certains évolutions plus précises. « J'ai beaucoup changé en vivant au Brésil. Avant, j'étais très renfermé et maintenant, je suis plus ouvert », explique par exemple Firmin. Inès, Marie-Claire et Mathieu évoquent également cette idée d'ouverture aux autres. Selon Inès, « vivre ici change notre vision de l’autre dans le sens où l’on porte moins de jugements sur les gens ».

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