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Ces Vénézuéliens qui démarrent une nouvelle vie à São Paulo - Bom Dia Brésil
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La Casa do migrante, dans le quartier Aclimação à São Paulo (Marie-Anne Gabert/Bom Dia Brésil)

Ces Vénézuéliens qui démarrent une nouvelle vie à São Paulo

Alors que depuis près de deux mois, le Venezuela s’enfonce dans la crise, le flot de migrants vénézuéliens ne tarit pas à la frontière entre le Venezuela et le Brésil, dans l’état frontalier du Roraima. Et si le Brésil a accueilli 85.000 demandeurs d’asile venus du pays voisin depuis 2015 selon l’Acnur (le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies), loin derrière les 500.000 du Pérou, ressentiments et tensions xénophobes sont plus que palpables dans la ville capitale du Roraima, Boa Vista.

C’est pour désengorger la situation dans cet Etat déjà très pauvre du Brésil qu’un programme gouvernemental d’« intériorisation » a été mis en place pour inciter les Vénézuéliens, sur la base du volontariat, à s’installer à l’intérieur du pays, dans des villes comme São Paulo, Brasilia, Rio ou Curitiba… Dans ces grandes métropoles, il leur sera plus facile de se fondre dans la population, d’assimiler culture et langue brésilienne, et de trouver un travail : les bases indispensables à une intégration réussie.

Les associations se mobilisent à São Paulo

Hébergement, travail, éducation, c’est justement ce que propose à São Paulo l’organisation humanitaire catholique Caritas, en partenariat avec l’Acnur et d’autres associations. Dans le cadre de cette politique d’« Intériorisation », plus de 1.000 personnes sont arrivées en 2018. Une goutte d’eau dans une marée de 20 millions de Paulistanos. De toute évidence, l’assimilation de cette population sera plus facile qu’à Boa Vista.

« Dès leur arrivée, les réfugiés vénézuéliens sont accueillis », raconte à Bom Dia Brésil Nilton Carvalho, du centre Caritas de référencement des réfugiés à São Paulo. Ils obtiennent de l’aide pour les formalités administratives de séjour et de travail, un abri temporaire, une aide éducative (langue, remise à niveau professionnelle, écoles pour les enfants)… Parmi la cinquantaine d’employés et de volontaires qui forment l’équipe de Caritas se trouve une ancienne réfugiée, Marifer, arrivée il y a plus de deux ans maintenant. Etant déjà passée par ce programme d’accueil, elle comprend les nouveaux arrivants. « Chaque demandeur d’asile apporte avec lui une histoire, un passé dont on doit tenir compte », assure Marifer. « Notre travail, c’est de les aider à se défaire de leur vie passée et à se refaire dans la vie nouvelle, un travail qui demande beaucoup d’empathie ! »

Tourner la page et écrire un nouveau chapitre en portugais

Marifer et Carlos devant un mur peint de São Paulo (Marie-Anne Gabert/Bom Dia Brésil)

Aujourd’hui, Marifer a pu s’en sortir. Avec son mari Carlos, ils ont trouvé une occupation professionnelle qui leur permet d’avoir un peu d’argent afin de pouvoir quitter l’abri temporaire et de louer un petit appartement dans le quartier de Tatuapé, dans la zone est de São Paulo.

Ils ont ouvert une petite affaire qui propose de la nourriture vénézuélienne, Nossa Janela, qui marche plutôt bien. Comme pour tous les migrants du monde, retrouver du travail dans leur branche de formation est un luxe et dans leur cas une utopie : ils étaient respectivement professeure de géographie et journaliste… Qu’à cela ne tienne, adoptant déjà l’optimisme brésilien, ils considèrent qu’un nouveau travail, c’est aussi une nouvelle vie ! Cette nouvelle vie, ils ne veulent plus la quitter, le Vénézuela, pour eux, c’est du passé, quelle que soit l’issue du face à face entre Nicolas Maduro et son opposant, Juan Gaido. Bien sûr, pour les amis et la famille restés derrière, ils espèrent le changement dans leur pays d’origine. Et c’est toujours avec beaucoup d’angoisse qu’ils assistent au tournant historique qui s’opère en direct. Mais c’est en portugais maintenant qu’ils suivent ces événements à la télévision. Et à la question « pourquoi vous ne voulez plus jamais rentrer au Vénézuela ? », Marifer répond par ces mots pourtant improbables dans cette mégalopole si bruyante de monde et de voitures : « Car ici nous avons enfin trouvé la paix ».


Si vous souhaitez venir en aide aux réfugiés vénézuéliens à travers Caritas :

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