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Ça fait du ramdam au Brésil : le meilleur et le pire des défilés du carnaval 2018 à Rio et São Paulo - Bom Dia Brésil
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Estação Primeira de Mangueira au carnaval 2018 de Rio (Cristina Indio do Brasil/Agência Brasil)

Ça fait du ramdam au Brésil : le meilleur et le pire des défilés du carnaval 2018 à Rio et São Paulo

De vendredi soir jusqu’à mardi matin à l’aube, les Sambodromes de São Paulo et Rio ont fait le plein pour quatre nuits successives de défilés de leurs écoles de samba. L’élite paulistana a dévoilé ses plus beaux atours vendredi et samedi, suivie par celle de Rio dimanche et lundi. Bom Dia Brésil a recensé le meilleur, comme le pire, du carnaval 2018.

Les écoles qui ont ébloui

A São Paulo, sont sorties du lot :

- Mancha Verde avec son hommage au groupe Fundo do Quintal, sa reine de batterie historique, Viviane Araujo, déguisée en amérindienne et ses Bahianaises inspirées de Beth Carvalho.

- Acadêmicos do Tatuapé, la championne sortante et vainqueur de nouveau cette année, qui a parié sur un défilé traditionnel dédié à l’Etat du Maranhão sous toutes ses coutures (histoire, nature, cuisine…) et a épaté notamment avec sa batterie interagissant de manière originale avec les autres participants du convoi.

- Rosas de Ouro, qui a réussi à marier samba et sertanejo pour rendre hommage aux chauffeurs routiers brésiliens, menée par sa reine de batterie historique, l’actrice Ellen Rocche, et l’un des duos sertanejo féminins du moment, Maiara et Maraisa, à l’honneur sur le dernier char du défilé.

- Império de Casa Verde avec son défilé sur le thème de la Révolution française (lire plus bas), l’un des plus luxueux du carnaval de São Paulo cette année.

- Mocidade Alegre, qui a rendu un hommage complet à Alcione et ses 45 ans de carrière, interprète notamment du très célèbre Não deixe o samba morrer. C’est la chanteuse de 70 ans qui a introduit et conclu le défilé.

- Vai-Vai était aussi l’une des favorites cette année avec sa célébration d’un autre pilier de la musique brésilienne : Gilberto Gil. L’enredo, composé avec des vers des chansons de l’artiste bahianais, a particulièrement plu, tout comme une batterie à la composition originale et la présence du cofondateur du Tropicalisme sur le char final, en compagnie de son épouse Flora et de son fils Bem.

A Rio, le titre devrait se jouer entre :

- Paraiso do Tuiuti, qui a frappé fort avec sa vision bien personnelle de l’histoire de l’esclavage au Brésil en forme de protestation contre la politique du gouvernement actuel (lire plus bas).

- Estação Primeira de Mangueira, qui a marqué elle les esprits avec une charge sans ironie aucune contre le maire de Rio, Marcelo Crivella (lire plus bas).

- União da Ilha do Governador et sa célébration de la gastronomie brésilienne, un défilé plein de couleur et de saveurs, mené par la sculpturale reine de batterie Gracyane Barbosa et auquel ont participé plusieurs chefs renommés du et au Brésil tels que les Français Claude Troisgros et Erick Jacquin, ainsi que des candidats de l’émission MasterChef.

- Acadêmicos do Salgueiro et son hommage poignant aux femmes noires brésiliennes, célèbres ou non, à l’image des mères qui ont perdu leurs enfants dans la violence urbaine de Rio honorées par une version noire de la Pieta de Michel-Ange sur le dernier char. Seule fausse note : l’usage de blackface pour certains participants (lire plus bas).

- Beija-Flor de Nilopolis et sa protestation contre les maux du Brésil à l’aide d’une réappropriation du roman Frankenstein, de Mary Shelley, sorti il y a deux siècles (lire plus bas), avec la participation très remarquée sur un char de la drag queen Pabllo Vittar, toute de tenue transparente et cape aux couleurs LGBT vêtue, et de la funkeira Jojo Todynho.

Coup de froid sur les maires

S’il y en a deux qui n’ont pas vécu un bon carnaval, ce sont bien Marcelo Crivella et João Doria, respectivement maires de Rio et São Paulo. Le premier n’aime pas le carnaval, notamment pour des questions religieuses, et le carnaval ne l’aime pas non plus. Cela a commencé vendredi avec une visite du Sambodrome durant laquelle il s’est retrouvé copieusement arrosé par une bouche d’incendie actionnée par inadvertance par l’un de ses photographes. Marcelo Crivella a ensuite cédé les clés de la ville au roi Momo, comme la tradition le veut, mais à l’abri du public, ce qui a fortement déplu. Le maire a cependant fait un effort car l’an dernier, il avait demandé à l’un de ses adjoints de s’en charger. C’est l’école de samba Estação Primeira de Mangueira qui a enfin pris l’initiative de le critiquer ouvertement au cours de son défilé dimanche soir. Son thème était une attaque directe à l’encontre de Marcelo Crivella qui y était représenté sur un char en Judas, pour avoir réduit de moitié les subventions de la mairie pour le carnaval de cette année alors qu’il avait promis qu’il n’y toucherait pas durant sa campagne électorale de 2016. Le maire étant parti en voyage officiel en Europe pour le carnaval, c'est le secrétariat municipal au Tourisme qui a réagi en déplorant « un acte d'intolérance religieuse » à son encontre.

A côté de tout cela, João Doria a été ménagé, mais le maire de São Paulo s’est néanmoins retrouvé dans une situation gênante samedi soir au Sambodrome, saluant et posant pour une photo avec un Zeca Pagodinho visiblement très peu enthousiaste de cette rencontre. Le chanteur a démenti avoir été pris en photo contre son gré, précisant simplement qu’il ne savait pas qu’il s’agissait de João Doria. Ouch.

Les gouvernants brésiliens au pilori

Le carnaval est aussi fait pour traiter de l’actualité en se moquant et c’est ce qu’ont choisi plusieurs écoles de samba. A São Paulo, l’une des deux promues X-9 Paulistana a lancé son défilé par un char occupé par des juges et hommes politiques aux valises et caleçons remplis de billets de banque, certains salis par de la boue et d’autres revêtant l’écharpe présidentielle.

Império de Casa Verde a elle été plus subtile en consacrant son défilé à la Révolution française, comparant ce tournant de notre histoire avec l’époque vécue par le Brésil aujourd’hui tout au long de son défilé : le peuple guillotiné, la cour et ses fêtes fastueuses, avant que le peuple ne renverse le pouvoir, vainqueur de la corruption et des injustices sociales.

A Rio, avant l’Estação Primeira de Mangueira et son défilé anti-Marcelo Crivella, c’est Paraiso do Tuiuti qui a lancé la première salve à l’encontre du gouvernement brésilien avec un défilé dénonçant dans son ensemble la récente réforme du Code du travail brésilien à l’aide d’allégories sur l’histoire de l’esclavage et du racisme au Brésil. L’école de samba, qui a évité exceptionnellement la relégation l’an dernier, n’a pas hésité non plus à se payer les manifestants et autres pratiquants des paneladas anti-Dilma Rousseff, ainsi que Michel Temer, représenté en vampire…

La toute dernière école carioca à défiler lundi soir, Beija-Flor de Nilopolis, a pour sa part été encore plus dans la symbolique avec donc un thème « monstrueux » censé représenter toutes les tares du Brésil actuel : corruption, inégalités, violence, discrimination en tous genres…

De la casse pour les chars

Une bonne nouvelle : aucun accident grave lié à des chars n’a été recensé cette année, contrairement à l’an dernier. Mais il y a tout de même eu de la casse pour certains. L’une des deux écoles promues de São Paulo, Independente Tricolor, a vu son premier char souffrir d’un essieu cassé, devant être remorqué durant tout le défilé et occasionnant une perte de points de la part du jury suivie d'une relégation à la clé. Pire pour Acadêmicos do Grande Rio dont le dernier char n’a pu participer au défilé, car une partie a cassé au moment de la concentration. L’incident a complètement désorganisé l’école de samba carioca dont le défilé a été émaillé de trous et s’est terminé avec cinq minutes de retard. Perte de points à prévoir là aussi.

Des costumes qui craquent

Il n’y a pas que les chars qui cassent, les costumes aussi, surtout ceux très élaborés des danseurs. A São Paulo, une reprise express en plein défilé a ainsi dû être entreprise pour la reine de batterie d’Independente Tricolor, de même que pour une danseuse de X-9 Paulistana qui a perdu son cache-sexe et terminé la main devant l'entrejambe…

La plus malheureuse est certainement la porte-drapeau d’Unidos de Vila Maria qui a vu sa jupe tomber, remplacée alors par un bermuda noir et enfin un bout de tissu attaché à une ceinture. Elle et son partenaire ont fini par être remplacés à l’avant du défilé par un second couple. Cela a pu coûter des points à l’école.

Une belle renaissance

Une école de São Paulo a défilé pour le plaisir cette année : Acadêmicos do Tucuruvi. Elle ne pourra ni être reléguée ni être championne, car elle ne sera pas notée. Et pour cause, 90 % de ses costumes avaient brûlé dans un incendie début janvier, obligeant l’école à un effort incroyable pour reconstituer sa garde-robe en un temps record. Et elle a réussi son pari de fort belle manière pour offrir en temps et en heure son défilé en hommage aux musées du monde.

Quand le Sambodrome vire à l’Arena Corinthians

Au passage de Gaviões da Fiel, l’école de samba paulistana de l’un des clubs de supporters des Corinthians, ses torcedores se sont mis à allumer des fumigènes dans les tribunes. Le Sambodrome s’est alors retrouvé couvert de fumée. Mauvaise idée.

Double dose de défilé pour Sabrina Sato

L’animatrice de Record a eu un week-end de carnaval chargé. Marraine de batterie de Gaviões da Fiel, elle a d’abord défilé – quasiment nue - samedi soir pour l’école de São Paulo...

... avant d’enchaîner le lendemain à Rio – plus habillée mais transparente - pour le compte d’Unidos de Vila Isabel, dont elle est reine de batterie.

Un blackface qui fait controverse

Rendre hommage aux femmes noires brésiliennes était tout à l’honneur d’Acadêmicos do Salgueiro, mais user de blackface, soit couvrir de peinture noire le visage des musiciens de la batterie et des membres de la comissão de frente, a terni l’image de l’école de samba carioca auprès des internautes brésiliens. Qui plus est, la comissão de frente, qui était censée représenter les premières femmes du monde, était composée en majorité d'hommes.

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